Cérémonie de cloture
Pas de nouveaux fonds pour les pays pauvres…

Samboudian Kamara
(Diffusé le 1er Juillet, 1999)

Les pays pauvres n'ont pas recu la confirmation de l'octroi de nouveaux fonds mondiaux pour soutenir la recherche scientifique á l'issue de la premiere conference mondiale sur la science qui vient de prendre fin á Budapest comme ils s'y attendaient.

Le besoin de nouveaux mécanismes de financement s'est fait par contre jour pour eux lors de la ceremonie de cloture qui a vu le directeur general de l'Unesco renouveller l'engagement de son organisation a travailler dans le sens de reduire le fossé qui existe entre les differentes communautés mondiales, mais sans donner de précisions sur les moyens d'arriver á ces fins.

Né anmoins dans son discours, le Pr Federico Mayor a plaide pour la construction d'un nouveau monde ou les meilleurs talents ne quitteront plus leur pays mais exerceront chez eux pour "reduire les extremes de nos societes, ce paradoxe dont on a pas encore trouvé de solutions". Il a également solennellement lancé "un nouveau départ" qui devrait consacrer l'engagement des jeunes des pays en voie de développement vers les disciplines scientifiques, tout en persévérant dans la culture du dialogue, de la tolérance et de la paix.

Tout en relévant que la volonté politique nécessaire á cette entreprise doit etre mieux affirmée de la part des politiques, il a proposé aux représentants des 200 gouvernements représentés á Budapest de consacrer une journée par an á un débat parlementaire sur la recherche scientifique.

"Je ne reve pas que vos gouvernements augmenteront les budgets consacrés á la recherche, mais je reve que qu'ils soient au moins maintenus á leur niveau actuel", a poursuivi M. Mayor, en faisant allusion a la nécessité pour les pays pauvres d'augmenter la part de leur budget consacrée á la recherche. S'exprimant dans un cadre plus général, celui qui devrait quitter la direction générale de l'organisation á la fin de cette année a évoqué l'enjeu représenté par le partage des connaisances et du pouvoir.

Certes, reconnait-il, "la connaissance est la base du pouvoir et quiconque dispose d'un bien aspire d'abord á le garder", mais ajoute t-il, "pour la premiére fois depuis tous les temps, la denrée principale du savoir n'est plus périssable en raison des formidables opportunités offertes par les nouvelles technologies de l'information et de la communication" : Internet réduit les frontieres, uniformise le globe et permet le partage des connaissances.

Il a ainsi révélé qu'un groupe de travail de l'Unesco travaillait á un projet sur la cyber-législation car la protection intellectuelle a été une préoccupation largement partagée par de nombreuxc délégués présents dans la capitale hongroise. M. Mayor a aussi insisté sur les menaces qui pésent sur la science avec "la fragmentation des connaissances sous le poids du marché" alors que "certains défis risquent de devenir irréversibles".

Auparavant, apres l'allocution de M. Tindemans, représentant du groupe de rédaction, le Dr Francois Owono-Nguéma du Gabon, vice-président de la conférence, a dit la satisfaction des délégués et remercié le gouvernement hongrois pour "l'hospitalité de son peuple". Il s'est félicité de l'innovation apportée par le ²style" cette conférence qui a été "une expérience nouvelle car elle n'a été ni une conférence inter-gouvernementale, ni une rencontre de spécialistes mais une large forum oú se sont retrouvés toutes les couches de la communauté scientifique internationale, mais aussi la jeunesse scientifique du monde."

Pour sa part, le Dr Warner Harber, président allemand du CIUS, co-organisateur de ces assises, a expliqué la nécessité de nouer un nouveau contrat social. Entre la société et la science ; entre la science et la société.

Par nouveau contrat social, il entend que le scientifique doit "aider l'humain á trouver un sens á sa vie dans la société tout en poursuivant la loi de la nature qui vaut depuis la nuit des temps, le dyptique sélection naturelle et mutation." Pour l'éminent biologiste allemand, "nous devons aller dans le sens d'une coexistenc pacifique entre tous les etres humains, les etres vivants, mais aussi les etres inanimés car nous vivons dans un systéme interactif étant entendu que c'est seulement notre intelligence qui nous permet d'imprimer au monde sa marche…"


La provision financière pour ce projet a été fournie par le Ministère des affaires étrangères du Pays-Bas et Bilance.

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