Traitement du SIDA - Le pr. Luc Montagnier pour une utilisation de la pharmacopee africaine
Hortense Zida
(Diffusé le 28 Juin, 1999)
La médecine traditionnelle peut intervenir en appoint dans le traitement du Sida, estime le Professeur Luc Montagnier, codécouvreur du VIH-Sida dans les années 80. Il reconnait les limites de la tri-thérapie utilisée actuellement pour le traitement de cette pandémie. Le continent noire en souffre plus a cause des facteurs médicaux, sociaux et financiers.
Le professeur Luc Montagnier évalue á 10% lensemble des personnes affectées dans le monde qui sont traitées á la tri-thérapie, laquelle permet de ralentir lévolution du processus de destruction des cellules. « Cest un progrés trés important, mais il y a des limites. On a dune part le cout trés élevé dun tel traitement qui est de lordre de 12 000 dollars par mois, et dautre part, la nécessité de donner ce médicament de facon continuelle pendant des années, plusieurs fois par jour, avec un suivi de la charge virale par des méthodes de laboratoire, explique-t-il.
Il ajoute que la tri-thérapie nest pas la panacée et déplore en meme temps le fait que jusquici on ne puisse pas guérir cette maladie. On est obligé de continuer indéfiniment le traitement et on arrete, la multiplication du virus repart et peut meme donner lieu á des résistances. Il y a des effets secondaires assez genants. , affirme le praticien qui fait par ailleurs remarquer que le traitement actuellement appliqué reste inaccessible en Afrique. Ca demande des structures médicales qui nexistent pas dans les pays du tiers monde.
Le professeur Montagnier suggere alors lutilisation du traitement en appoint á caractere imuno-stimulants. Il indique quon peut faire recours á la pharmacopée traditionnelle africaine, meme si, selon lui, elle ne peut pas remplacer les médicaments anti viraux. Elle peut seulement réduire leur dose et leur durée dutilisation.Nous pensons que cette médecine doit agir en complément des tri-thérapie. Cest tout á fait possible, dautant que beaucoup de grands médicaments utilisés en Afrique proviennent dobservations empiriques sur des plantes. Nous sommes tout á fait ouverts á la médecine traditionnelle..
Toutefois, cette derniere doit répondre a certaines exigences scientifiques. Je crois que la médecine traditionnelle peut apporter beaucoup, mais il faudra quelle accepte de passer par les mémes critéres deffets cliniques que les autres médicaments. Cest-á-dire quon doit pouvoir avoir des produits qui sont reproductibles. Méme si cest des plantes, il faudrait avoir une technique par laquelle on peut reproduire á volonté le médicament. Il faut aussi que ce produit passe par des controles de toxicité que lon impose généralement aux produits pharmaceutiques. Il faut prouver par lá que le médicament na pas deffets sécondaires toxiques avant de lutiliser chez lHomme, explique le Professeur Montagnier.
Comme bien dautres chercheurs, Montagnier garde lespoir que malgré les contingences actuelles, le vaccin contre le VIH sera découvert un jour. Nous avons un projet á ce sujet. Il sagit dune nouvelle formule de vaccin qui nous parait plus interessant et pour laquelle nous recherchons un financement, assure-t-il.
Le professeur Luc Montagnier qui exerce á lInstitut Pasteur, est actuellement président de la Fondation mondiale de recherche prévention du Sida, une ONG quil a fondée avec le directeur général de lUNESCO. Cette fondation, explique-t-il, se met au service de tous pour pousser la recherche et la prévention sur le Sida dans le monde entier.
"Nous sommes particuliérement mobilisés pour avoir des actions internationales en réseau, de créer des centres aussi bien dans le sud que dans le nord. Nous avons actuellement un centre en Cote dIvoire (Abidjan) qui a une vocation sous régionale. Nous menons également des actions dinformation et de formation de médecins.
La provision financière pour ce projet a été fournie par le Ministère des affaires étrangères du Pays-Bas et Bilance.
Communications for Development
Van Diemenstr 15
1013 NH Amsterdam
The Netherlands
Tel: +31 20 420 7743
Fax: +31 20 420 7801
e-mail: info@cfd.nl
www: http://www.cfd.nl
Il est possible de republier les articles après en avoir obtenu la permission. Les opinions sont les opinions des auteurs des articles et ne répresentent pas automatiquement les opinions de la Ministère des affaires étrangères du Pays-Bas et Bilance.